Les entreprises du bâtiment veulent y croire

Malgré la morosité ambiante, elles ont besoin d’investir et d’embaucher.
Leur fédération régionale veut inciter les donneurs d’ordre à construire breton.

« Nous sommes dans le dur. En 2014, le secteur du bâtiment, qui compte 57 800 salariés en Bretagne et qui a généré 7,34 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a perdu 2 000 emplois. Et pourtant, nos entreprises doivent embaucher 3 000 jeunes pour remplacer les départs en retraite. L’heure n’est donc pas au renoncement. » Hugues Vanel, président de la fédération bretonne du bâtiment présentait jeudi 5 février, sur un ton offensif, la nouvelle campagne de communication de son organisation qui regroupe les deux tiers des salariés de la branche.

Le constat des professionnels du bâtiment est simple : « Si nous ne formons pas aujourd’hui nos salariés aux techniques nouvelles, nous ne pourrons pas répondre à la demande lorsque les affaires reprendront. Or la part des emplois liés à la construction durable devrait atteindre 64% en 2017. » D’où cette volonté d’inciter les chefs d’entreprises du secteur, petits et grands, à valoriser et à former la main d’œuvre locale.

Un message qui s’adresse aux donneurs d’ordre. « Il y a une démarche citoyenne à avoir, des valeurs à défendre, si nous voulons conserver des emplois locaux, insiste Hugues Vanel. Faites travailler des entreprises bretonnes plutôt que de choisir des entreprises qui usent et abusent des salariés détachés, venus d’Europe de l’Est et sous-payés. Une fois les chantiers terminés, ils repartent en ayant consommé un minimum sur place. »

Le problème c’est que communes et départements cherchent à faire des économies. Les commandes publiques ont baissé de 12% l’an dernier. « Et au nom de la bonne gestion, les collectivités ont tendance à choisir l’entreprise la moins disante qui fait appel à de la main d’œuvre bon marché », témoigne Gilles Brochain, patron d’une entreprise de maçonnerie et président de la fédération des Côtes-d’Armor. « En Bretagne, on dénombre 3 000 salariés détachés officiellement déclarés qui travaillent dans le bâtiment. Un nombre qui correspond à celui des emplois perdus par nos entreprises en Bretagne ».

Or, dénoncent les professionnels, « dans certains cas, on frôle l’esclavage moderne ». D’où cet appel à ce que « ce modèle ne devienne pas le modèle dominant ». Si elle a été une des premières à se doter de la racine Internet en .bzh, la fédération bretonne du bâtiment « veut défendre le produit en Bretagne ».

Article © Ouest-France – 06/02/2015